Accueil du site > La Bretagne et ses atouts > Langues > Les langues de Bretagne : breton et gallo

Les langues de Bretagne : breton et gallo

Après avoir été fragilisées depuis le milieu du XIXème siècle, les langues de Bretagne (le breton et le gallo) considérées par l’Unesco « sérieusement en danger », retrouvent peu à peu leurs places dans la société bretonne. Aujourd’hui environ 200 000 individus parlent breton dans les cinq départements (chiffre 2007). Collectivités, monde associatif, médias et nombreux bénévoles œuvrent pour développer ces langues régionales et préserver la richesse représentée par ce patrimoine.

 

Les langues, patrimoine de la Bretagne

 

Le breton est une langue celtique du groupe brittonique, arrivée en Bretagne avec les migrations des Bretons en provenance de l’actuelle Grande-Bretagne, entre le Vème et le VIIème siècle. Il y a cent ans, plus d’un million de personnes parlaient breton, elles sont cinq fois moins nombreuses aujourd’hui : 206 000 locuteurs selon un sondage de 2007.Traditionnellement on distingue plusieurs dialectes mais les différences dialectales sont peu marquées et concernent surtout l’accent tonique et la prononciation.Comme toutes les langues vivantes, le breton n’a eu de cesse d’évoluer au cours de son histoire. Le breton moderne a été fixé par des grammairiens et des lexicographes et de nombreux travaux terminologiques ont peu à peu doté le breton des instruments nécessaires à la communication dans la société contemporaine.

Organisme public de référence, l’Office Public de la Langue Bretonne (Ofis Publik ar Brezhoneg) a pour mission la promotion de la langue bretonne et le développement de son emploi dans l’ensemble des domaines d’usage d’une langue. 

Le gallo n’est pas un patois, ni un dialecte du français mais une langue d’oïl. Comme le français, il appartient au groupe gallo-roman. Entre 2 à 5 % de la population bretonne parlerait gallo. C’est l’ordonnance de Villers-Cotterêts, prise en 1539 par François 1er , qui fait du français, langue de la cour, la langue des actes juridiques. Ce mouvement centralisateur s’est poursuivi à travers les siècles, disqualifiant les langues régionales. Le gallo, héritier du latin de Gaule, a reçu des influences gauloise, germanique, scandinave et bretonne. L’association Bertègn galèzz travaille depuis 1976 à la valorisation du gallo.

 

Deux langues en quête de reconnaissance

Les langues de Bretagne ont longtemps été dépourvues de statut légal et interdites à l’école. La transmission familiale du breton s’est quasiment arrêtée dans les années 1950 et celle du gallo s’est progressivement éteinte. En décembre 2004, la Région Bretagne a adopté, à l’unanimité, une politique linguistique. Elle fixe des objectifs dans le domaine de la transmission des langues de Bretagne et de leur présence dans la vie de tous les jours. La Région y affirme "reconnaître officiellement, aux côtés de la langue française, l’existence du breton et du gallo comme langues de la Bretagne".

 

L’enseignement des langues retrouve des couleurs

Depuis la création des écoles immersives Diwan en 1977 puis des classes bilingues français-breton dans l’enseignement public et privé, le nombre d’enfants inscrits progresse chaque année. De la maternelle au lycée, les enfants peuvent suivre une scolarité bilingue dans 450 établissements. En 2014, 15 840 élèves étaient scolarisés dans une école bilingue ou immersive. Du côté de l’offre d’apprentissage du breton pour les adultes : en 2013, près de 5 000 adultes fréquentaient les cours du soir, les stages courts ou longs ou des cours par correspondance pour apprendre le breton. 

 

Culture et medias en breton et en gallo

La création culturelle en breton et en gallo a contribué à préserver la vitalité des langues de Bretagne et à transmettre le patrimoine linguistique auprès de tous les publics. Les médias permettent aussi aux Bretons d’entendre leurs langues dans la vie de tous les jours. Ainsi, plusieurs radios émettent en langue bretonne ou en gallo. Des programmes en langue bretonne sont diffusés sur les chaînes de télévision et il existe également une web-TV tout en breton, Brezhoweb. Un journal hebdomadaire (Ya !) et des mensuels (Bremañ…) sont édités exclusivement en breton et d’autres journaux publient régulièrement des articles, chroniques, jeux, en breton ou en gallo.

 

Le breton dans la vie économique

En 2012, environ 1 300 postes (équivalents temps plein) étaient pourvus par des brittophones pour des emplois demandant la connaissance du breton. Ces emplois se répartissaient dans l’enseignement (80%), la gestion de structures (9%), les médias (4%), la culture (3%), les administrations et collectivités locales (1,5%).